Notules
dominicales de culture domestique n°417 - 4 octobre 2009
DIMANCHE.
Itinéraire patriotique départemental.
Le monument aux morts de Damas-et-Bettegney est enregistré.
LUNDI.
Epinal - Châtel-Nomexy (et retour). Sa
Majesté des mouches de William Golding en Folio.
Lecture. Boris Vian
(Philippe Boggio, première édition Flammarion 1993; nouvelle
édition revue et augmentée Flammarion, coll. Grandes biographies,
2009; 432 p., 23 €).
Compte rendu à rédiger pour Histoires littéraires.
MERCREDI.
Epinal - Châtel-Nomexy (et retour). Epées
et mort de Fritz Leiber (Bragelonne) à l'aller. Au retour,
face à moi, Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina
Khadra en Pocket et, plus intéressant, de l'autre côté
de la rangée centrale, un homme plongé dans un vieux numéro
d'Historia. L'article est intitulé "La méthode
suédoise" mais d'après les illustrations que je distingue
très mal, il ne s'agit pas de gymnastique, seul domaine dans lequel
je connais l'existence d'une méthode suédoise. Internet
m'apprend qu'il existe une méthode suédoise de lecture de
la Bible, un sujet qui correspond peut-être davantage aux préoccupations
éditoriales d'Historia et susceptible d'être illustré
par n'importe quelle image.
Lecture. Un crime en Hollande (Georges
Simenon, Fayard, 1931, rééd. Rencontre, 1967, in Œuvres
complètes Maigret II; 552 p., s.p.m.).
Huitième aventure de Maigret qui n'a pas deux ans d'existence.
En ce temps-là, Simenon en livrait presque un par mois chez Fayard,
depuis son bateau L'Ostrogoth. Alors pas de temps à perdre,
un décor planté en deux ou trois coups de phrases sans verbe,
l'arrivée de Maigret dans un nouveau cadre, l'observation, peu
de mouvements, et la solution du crime survient pour ainsi dire d'elle
même. Economie de mouvements, on l'a dit, économie de paroles
accentuée ici par le fait que Maigret trouve peu d'interlocuteurs
parlant sa langue à Delfzijl, "petite ville plantée
à l'extrémité nord de la Hollande" dont il va
comme il dit "bousculer la porcelaine", économie d'effets.
Encore une fois, c'est par sa seule présence que Maigret, inspecteur
tellurique, fait surgir la vérité. Après, nul besoin
de s'attarder : "C'est tout !... A quelle heure y a-t-il un train
pour la France ?..."
JEUDI.
Epinal - Châtel-Nomexy (et retour).
La Forêt des mânes (diable !) de Jean-Christophe Grangé
chez Albin Michel et Quitter le monde de Douglas Kennedy chez Belfond.
Lecture. Boris Vian, un poète
en liberté (Raymond Espinose, Orizons, coll. Profils d'un classique,
2009; 114 p., 11 €).
Compte rendu à rédiger pour Histoires littéraires.
VENDREDI.
Epinal - Châtel-Nomexy (et retour).
Ce soir je veillerai sur toi de Mary et Carol Higgins Clark au
Livre de poche.
SAMEDI.
Vie (relativement) animée. Depuis
que je ne travaille plus le matin, mes samedis sont très calmes.
Je m'arrange pour faire les emplettes nécessaires de bonne heure
et à neuf heures trente maximum je suis de retour à la bergerie,
bien décidé à n'en plus bouger. Quand j'aurai récupéré
mon vélo, ça ira encore plus vite. Seuls mouvements autorisés
: aller chercher les filles parties galoper à Hadol, acheter des
frites au kebab d'en face pour le repas ou monter à la Colombière
quand il y a football au menu. Sinon, pas bouger, trop de monde qui croise
le samedi, pas envie de louvoyer. Aujourd'hui, je vis mon premier samedi
animé. Je descends à la Poste pour participer à la
consultation nationale sur le projet gouvernemental de privatisation larvée,
monte ensuite au Centre des congrès où se tient l'annuel
forum des associations culturelles. Je souhaite en effet faire connaissance
avec les représentants de l'association Housseras Döblin à
laquelle j'ai adhéré il y a quelques jours. Il est midi,
l'heure du vin d'honneur apparemment. Les édiles et les fleurons
de la culture locale, il faut voir ça, papotent autour du buffet.
Sur le stand Housseras Döblin, à l'écart des ronds
de jambes, les deux responsables boivent du vin rouge et mangent du camembert,
ce qui me les rend d'emblée sympathiques. L'un d'eux, je l'apprendrai
au fil de notre conversation, est un féru de Fallet, un habitué
de Jaligny, ce qui nous amène assez loin d'Alexanderplatz. Je m'en
retourne rassuré, j'ai frappé à la bonne porte. Après
la sieste, visite à la clinique, je pensais pourtant en avoir fini
avec cet endroit depuis l'opération de Lucie.
IPAD. 15 janvier 2006. 91 km. (5532
km).

103 habitants
Pas
de monument aux morts visible.
L'Invent'Hair perd ses poils.

Marcy-l'Etoile (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, juillet 2006
Le
même nom, mais sans apostrophe, apparaissait dans le n° 409
au fronton d'un salon de Thiron-Gardais.
Bon dimanche.
Notules
dominicales de culture domestique n°418 - 11 octobre 2009
DIMANCHE.
Football (en vrai). SA Epinal - UST
Lunéville 3 - 0.
Football (en boîte). Je navigue
entre Olympique de Marseille - AS Monaco sur une chaîne et FC Séville
- Real Madrid sur une autre. Ce qui me permet d'apprécier d'un
côté les une-deux de Nenê et Lolo (Monaco) et de l'autre
les redoublements de passes de Pepe et Kaka (Real). J'aurais encore des
enfants en bas âge, je les initierais à la lecture par la
méthode syllabique en regardant des matches de foot. Et en lisant
un petit peu Georges Didi-Huberman.
LUNDI.
Lecture. Les Magiciennes (Pierre
Boileau & Thomas Narcejac, Denoël, 1957 pour la première
édition; rééd. in "Quarante ans de suspense"
vol. 1, Robert Laffont, coll. Bouquins, édition établie
par Francis Lacassin, 1988; 1340 p., 120 F).
Le duo fait ici une incursion réussie dans le monde du cirque et
du music-hall avec l'histoire d'un jeune homme un peu perdu, devenu prestidigitateur
presque malgré lui et amoureux passionné de deux jumelles
appartenant à sa troupe. Boileau et Narcejac sont des adeptes de
la lenteur, et leur récit n'atteint une dimension policière
que dans les dernières pages, presque fortuitement, comme s'ils
se rappelaient soudain que cet aspect figurait dans le contrat qu'ils
ont signé. Le lecteur n'y trouve pas à redire s'il accepte
cette plongée dans un milieu où l'artifice règne
en maître, dans les numéros présentés comme
dans la psychologie des personnages. Quelques roulottes cahotantes, des
costumes rapiécés, des cachets hypothétiques, des
cabarets miteux, de tout cela ressort une tristesse infinie, couleur de
ce roman qui offre de belles descriptions de numéros basés
sur la ressemblance des jumelles.
MARDI.
Lecture. Entrez donc, je vous attendais
(François Caradec, Mille et une nuits n° 553; 160 p., 4 €).
"Contes et devis"
Le titre choisi, la forme courte des histoires présentées,
leur côté disparate et la proximité de la mort de
François Caradec (le 13 novembre 2008) pourraient laisser croire
qu'on a raclé les fonds de tiroir de l'écrivain pour ce
recueil posthume. Il n'en est rien. Entrez dons, je vous attendais
est un ensemble construit, voulu, donné à Fayard en même
temps que Le Doigt coupé de la rue du Bison, dernier titre
de Caradec paru un mois avant sa disparition. On y devine toutefois le
désir de ne pas prendre congé sans avoir une dernière
fois rendu hommage à toutes les figures qui l'ont accompagné
dans une existence passée au service de la littérature.
Sont ainsi rassemblés Alphonse Allais, Raymond Roussel, Alfred
Jarry, le Pétomane, dont Caradec fut le biographe, Artaud, Michaux
et Max Jacob qu'il fréquenta, Ducasse, Villiers de l'Isle-Adam
et Jules Verne qu'il admira. Tous, et bien d'autres, héros ou silhouettes
de contes express, de brefs dialogues, de fantaisies où l'absurde
a le beau rôle. L'humour est assez inégal, certaines franches
réussites (la meilleure parodie du Petit chaperon rouge jamais
écrite) côtoient des textes un peu moins brillants ou trop
faciles mais cette impression mitigée est avant tout due à
une absence, celle de la voix de Caradec. On imagine ce que ces histoires
auraient donné, lues par lui au micro des Papous de France Culture,
des Papous qui, soit dit en passant, sont devenus bien fades depuis que
Bertrand Jérôme, Caradec et d'autres sont partis. Souvenir
ici de Caradec au colloque des Invalides, appelé à la tribune
pour une intervention qu'il n'avait manifestement pas préparée,
s'exclamant de son organe de stentor : "Je suis aphone !" A
noter que Caradec ne succombe pas à la tentation d'aligner les
noms pour faire riche. Certaines figures sont à deviner par des
citations, des allusions, des anecdotes qui laissent au lecteur le soin
de chercher la référence. Comme dans ce texte, "Un
beau mariage", sur lequel semble planer l'ombre d'André Frédérique
:
"Pour un beau mariage, c'est un beau mariage.
Les parents de la jeune femme sont aux anges.
Beaucoup de militaires (le marié fait son service).
Danses.
Les jeunes mariés, enlacés, sortent discrètement.
On sourit.
On s'étonne tout de même de leur absence. On les cherche.
Coucou ? Où sont-ils donc allés se cacher ?
Dans le petit bois ? Ouh, ouh !
Ah, les voilà !
Ils sont bien dans le petit bois. Ils se sont pendus."
VENDREDI.
Courriel. Une demande de réabonnement
aux notules.
SAMEDI.
Vacances (concentré de). Avec
Caroline, aller-retour express jusqu'à Saint-Frion (Creuse), histoire
de récupérer les vélos laissés là-bas
en août dernier à cause d'un système d'attache défectueux.
Départ peu après huit heures, retour peu avant minuit, la
preuve est faite qu'on peut se payer une résidence secondaire en
Creuse, y aller et en revenir dans la journée. A condition que
le séjour ne dépasse pas la demi-heure.
IPAD. 5 février 2006. 147 km.
(5679 km).

104 habitants
Pas
de monument aux morts visible.
L'Invent'Hair perd ses poils.

Lyon (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, juillet 2006
Deuxième
occurrence (avec orthographe strictement semblable car il existe beaucoup
de variantes) après le salon de Saint-Ambroix (n° 401).
Bon dimanche.
Notules
dominicales de culture domestique n°419 - 18 octobre 2009
DIMANCHE.
Lecture. Les Clefs (Germaine
Beaumont, première édition Plon, 1940, rééd.
in "Des maisons, des mystères", Omnibus, 2006; 834 p.,
25 €).
Publié un an avant La Harpe irlandaise qui le précède
dans le recueil, ce roman en annonce les traits principaux qui semblent
être la marque de fabrique de Geneviève Beaumont : une vaste
demeure, lourde de secrets, accueille un personnage lourd de secrets dont
l'histoire, lourde de secrets, est dévoilée petit à
petit dans un style suranné. Ce qui agaçait et faisait sourire
dans La Harpe se révèle beaucoup plus intéressant
ici, peut-être parce qu'on finit par accepter les façons
de faire de l'auteur, sa lenteur, son affectation, peut-être parce
que l'atmosphère (lourde de secrets) y est plus intrigante, moins
convenue. Frédérique Marshall, une jeune veuve achète
une maison, ancienne propriété de la famille Clauvel, dans
une petite ville normande. Refusant de se lier, de se montrer même,
la veuve intrigue et met les Clauvel au supplice, qui n'auront de cesse
de connaître les raisons de son attitude et de son installation
dans le pays. La peinture de la famille Clauvel, représentative
des hobereaux de province qui vivent chichement des restes d'une splendeur
déchue, est d'une férocité incroyable. On sent, ce
qui est assez rare, une véritable haine de l'auteur pour ses personnages,
un mélange de Thénardier et de bourgeois zoliens échappés
de Pot-Bouille. On imagine très bien cette histoire filmée
en noir et blanc par un cinéaste cynique ou pessimiste (Autant-Lara
ou Duvivier) avec Danielle Darrieux dans le rôle principal, face
à Ginette Leclerc et Héléna Manson. Finalement, Germaine
Beaumont, en dépit ou grâce à son style (le même
que Joyce dans l'épisode "Nausicaa" d'Ulysse mais
sans volonté parodique), se révèle plus intéressante
que je ne l'avais cru au premier abord.
LUNDI.
Courrier musical. Arrivée d'un
CD de Crazy Otto, le meilleur joueur de piano bastringue de cette galaxie,
roi du medley avec, dans un autre genre, son compatriote Klaus Wunderlich.
J'étais loin de me douter qu'il existait des enregistrements de
Crazy Otto sur CD, lui dont je ne possédais qu'un 45-tours antique,
intitulé "Piano-massacre". De fait, je me suis toujours
demandé si, à part Jean-Christophe Averty, quelqu'un connaissait
l'existence de Crazy Otto, voire si Crazy Otto existait.
MARDI.
Lecture. Education européenne
(Romain Gary, deuxième version française augmentée
Gallimard, 1961, rééd. in "Romain Gary - Emile Ajar,
Légendes du je", Gallimard, coll. Quarto, édition établie
et présentée par Mireille Sacotte; 1428 p., 29,90 €).
En ce temps-là, Ajar est encore loin mais il y a déjà
de quoi se perdre. En ce temps-là, c'est 1942-43, Roman Kacew est
devenu le sous-lieutenant Gari de Kacew et il écrit entre deux
missions des Forces aériennes françaises libres où
il a été affecté dans le groupe Lorraine. Son roman
paraîtra d'abord en Angleterre sous le titre Forest of Anger
en 1944, sera traduit en France chez Calmann-Lévy en 1945, connaîtra
une troisième version en 1960 à New York (A European
Education) avant de prendre sa forme définitive au Club des
libraires de France puis chez Gallimard en 1961, forme reprise ici en
Quarto. Engagé dans les combats de la France libre, Gary transpose
son expérience en Pologne, raconte l'histoire d'un groupe de résistants
cachés dans la forêt. C'est le livre d'un homme de vingt-huit
ans qui sait que sa vie peut s'interrompre du jour au lendemain. Il n'a
pas de temps à perdre, il incorpore à son récit classique
(un personnage central, des figures auxiliaires, un cadre historique et
géographique hostile, une histoire d'amour, des actions de commando)
des nouvelles peut-être écrites auparavant et destinées
à un autre usage. Surtout, il lui faut élargir son texte,
lui donner une dimension historique, philosophique, théoriser ("Le
patriotisme c'est l'amour des siens, le nationalisme c'est la haine des
autres", formule appelée à devenir célèbre)
autant que témoigner. Au fil des différentes moutures, Gary
a ressemelé son roman pour lui donner plus d'homogénéité,
pour passer du statut de témoin actif à celui d'écrivain.
Pour ce dernier rôle, on en est encore à la période
de gestation mais la voie est tracée.
MERCREDI.
Lecture. Le Signe des quatre
(The Sign of Four, Arthur Conan Doyle, Lippincott's Monthly Magazine,
février 1890 pour la première édition, in Les Aventures
de Sherlock Holmes vol. 1, nouvelle traduction d'Eric Wittersheim, édition
bilingue, Omnibus 2005; 1120 p., 23,50 €).
Deuxième apparition de Sherlock Holmes où l'on retrouve
à peu près la structure d'Une étude en rouge : le
docteur Watson suit pas à pas le détective qui trouve la
solution d'une énigme policière en fouillant dans les antécédents
d'un de ses protagonistes. Cette plongée dans le passé donne
lieu, ici aussi, à un long récit encadré exotique
: l'Inde et ses luttes pour l'indépendance ont remplacé
l'épopée des Mormons d'Amérique mais l'histoire est
beaucoup plus embrouillée et nettement moins captivante que celle
qui était insérée dans Une étude en rouge.
L'art déductif de Holmes commence à faire ses preuves mais
il n'a pas encore l'importance que Conan Doyle lui donnera dans les nouvelles
qui vont suivre ces deux romans. Ici encore, Holmes agit comme un détective
traditionnel, c'est un personnage mobile (on oublie fréquemment
que c'est un jeune homme) qui se lance à la poursuite des malfaiteurs.
Petit à petit cependant, le mythe se met en place : la première
scène du livre montre un Sherlock combattant l'inactivité
qui lui pèse à l'aide de la cocaïne, l'action démarre
par l'arrivée d'un visiteur conduit par la logeuse, plus loin il
empoigne son violon, Watson, lui, a commencé son travail de mémorialiste
et a publié "un petit livre, sous ce titre quelque peu extravagant
: Une étude en rouge". Mais les choses peuvent changer : à
la fin du roman, Watson a trouvé l'amour, s'apprête à
quitter le nid et à convoler, ce qui ne risque pas d'arriver à
son flatmate : "l'amour est affaire d'émotion, et tout ce
qui est émotionnel s'oppose à la raison froide et implacable,
que je place au-dessus de tout. Je ne me marierai jamais moi-même,
de peur de voir mon jugement biaisé."
Perle de traduction. "Où est la clé, mon ami ? - Au
fond du fleuve, dit sèchement Small."
JEUDI.
Lecture. Romain, un regard particulier
(Lesley Blanch, première édition Actes Sud, 1998 pour la
traduction française, rééd. Editions du Rocher, 2009,
144 p., 16 €).
Compte rendu à rédiger pour Histoires littéraires.
SAMEDI.
IPAD. 19 mars 2006. 104 km (5783 km).

97 habitants
Un
petit monument, en pierre blanche, récemment repeint, près
de l’église.

A
nos morts 1914-1918
PERRIN
Jean-Louis Montauville 1914
ADAM
Paul Boesinghe 1914
BELLOT
Léon St-Eloi 1915
THOUILLOT
Fernand Bois-le-Prêtre 1915
HENRY
Louis Reninghelst 1918
Guerre
1939-1945
Jean
HOFFMANN FFI 1944
L'Invent'Hair perd ses poils.

Lyon (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, juillet 2006
"Changement
de tête au salon Raphaël. L'émotion était palpable,
samedi, lors du pot organisé par Rolande et Raphaël L. qui,
après plus de trente ans de coiffure à Epinal, passe [sic]
la main à une jeune pousse, Sara G., originaire de Cornimont. [...]
Désormais, le salon, qui prendra le nom d'Expert'tifs, sera ouvert
toute la journée etc." (Vosges Matin, 16 octobre 2009). Le
genre d'article qui me met en joie. L'appareil photo est prêt.
Bon dimanche.
Notules
dominicales de culture domestique n°420 - 25 octobre 2009
DIMANCHE.
Informations bocales. Les filles achètent
quatre poissons rouges dont les chants et les ris égaient désormais
notre logis. Si mes calculs sont exacts, il doit s'agir de Vermillon V,
VI, VII et VIII.
Football. US Raon - SA Epinal 2 -
1. L'avantage des matches à l'extérieur, c'est qu'on peut
décongeler dans l'auto pendant le trajet du retour.
LUNDI.
Epinal - Châtel-Nomexy (et retour).
L'Elégance du hérisson de Muriel Barbery en nrf.
MARDI.
Epinal - Châtel-Nomexy (et retour). Passion
basket : mémoires d'un coach d'Alain Weisz (Ramsay), lu par
une fille de taille normale, et Désolation de Stephen King
en J'ai Lu.
Lecture. Un pied au paradis
(One Foot in Eden, Ron Rash, 2002, Le Masque, 2009 pour la traduction
française, traduit de l'américain par Isabelle Reinharez;
264 p., 19 €).
Ce premier roman constitue une des plus belles surprises de l'année
dans le domaine du polar. Un domaine largement dépassé d'ailleurs
dans cette histoire qui se déroule au début des années
1950 dans un coin perdu de la Caroline du Sud bientôt envahi par
les eaux pour la construction d'un barrage. Cinq personnages prennent
successivement la parole : le shérif Alexander, prévenu
par la mère de Holland Winchester que celui-ci a disparu, Billy
Holcomb, voisin des Winchester et soupçonné d'avoir tué
Holland, Amy Holcomb, épouse du précédent, objet
des assauts de séduction de Holland, puis, vingt ans plus tard,
le fils Holcomb et l'adjoint du shérif qui viennent conclure. A
ce moment-là, le lecteur sait depuis longtemps qui a tué
et où le corps a été caché mais la dimension
policière de l'affaire est depuis longtemps aussi largement dépassée
pour laisser place à une histoire tristement humaine et tragique.
Celle de petits fermiers dont le monde va être englouti et qui se
raccrochent à ce qui a toujours été leur lot : le
travail, la terre, les habitudes, les haines locales, les croyances. Une
histoire de déracinement, simple, dépouillée, racontée
avec ce qu'il faut de compassion et de générosité.
Extrait. "Billy penserait peut-être que son navire était
rentré au port chargé de richesses quand Carolina Power
achèterait sa propriété pour quelques dollars de
plus à l'hectare qu'il ne l'avait payée, du moins jusqu'à
ce qu'il voie le prix d'une ferme telle que la sienne dans une autre partie
du comté. Peut-être qu'avec cet argent il partirait à
Seneca, à Anderson, où il achèterait une maison avec
des toilettes à l'intérieur, l'électricité,
et croirait avoir trouvé le paradis. Il travaillerait dans une
filature où il toucherait sa paie chaque fin de semaine sans plus
avoir à se soucier de la sécheresse, de la grêle,
ni du sphinx du tabac.
Il y aurait d'autres changements qu'il n'apprécierait pas autant,
des choses qui lui feraient regretter de ne plus être derrière
un cheval et une charrue. Il faudrait qu'il demande l'autorisation pour
aller boire un verre d'eau, ou pisser un coup. Le travail serait le même
jour après jour, semaine après semaine, et l'usine chaude
et humide comme par temps de canicule tout au long de l'année.
Il respirerait un éternel crachin de peluches qu'il passerait la
moitié de ses nuits à expulser en toussant.
Son travail ne lui apporterait aucune satisfaction, mais quand la sirène
de la filature le libérerait en fin de journée, il rentrerait
auprès d'une femme et d'un enfant. Il y avait des hommes qui lui
envieraient au moins cela."
VENDREDI.
Vie merdicale. Au cours d'une consultation
ayant pour but de me faire vacciner contre la grippe (version ordinaire),
j'apprends que je souffre (modérément) d'un hygroma du coude.
Ignorant le terme, j'appelais ça, dans ma nosographie personnelle,
mon "rien foutre elbow".
SAMEDI.
Courrier musical. Arrivée d'un
disque de Mary Schneider, "Australia's queen of yodelling",
intitulé Yodelling the Classics. Cela rappelle le Murdering
the Classics de Spike Jones et c'est, dans un autre genre, aussi iconoclaste.
Encore le genre de truc qu'on me priera d'écouter dans ma chambre
quand tout le monde sera parti. Et de ne jamais diffuser en présence
d'invités, si l'on tient à ce qu'ils finissent la soirée
en notre compagnie.
Football. SA Epinal - AFC Compiègne
1 - 1.
IPAD. Une notulienne prévenante
m'a averti du danger que courait l'IPAD, au vu d'une actualité
récente, de passer sous la coupe d'un héritier plus ou moins
diplômé. De l'EPAD à l'IPAD, il n'y a pas loin en
effet, et comme il est aussi un peu question de Défense dans ce
travail, la menace était réelle et nécessitait une
petite entrevue avec mon mandataire de justice préféré.
Laquelle a abouti à une légère modification statutaire.
Désormais, outre Itinéraire Patriotique Alphabétique
Départemental, l'acronyme signifiera également Inaliénable
Propriété Artistique de Didion.

16 avril 2005. 32 km. (5815 km).
436 habitants

Un monument
massif, avec la sculpture d’un soldat touché au cœur. La peinture
verte qui la recouvre empêche de reconnaître la matière.
Curieusement, l’œil gauche du soldat semble couvert d’un pansement.
Biffontaine
A
ses grands morts
1914-1919
Gauche :
LALEVEE
Emile 1914
ANCEL
Léon
LAHEURTE
Oscar
LECOQ
Aimé
POURCHER
Edouard 1915
MATHIEU
Irénée
MARCHAL
Lucien
HENRY
Alphonse
STOUVENEL
Célestin
CLAUDE
René
CHRISTAL
Alphonse
Droite :
JEANDEL
Léon 1916
DIDIER
Paul
GEORGE
Aimé
FLORENCE
Emile 1917
ANXIONNAT
Paul
CUNIN
Emile
VILLAUME
Léon
MATHIEU
Gaston 1918
JEAN
Albert
LEROY
Auguste
PIROLLEY
Edmond
STOUVENEL
Raymond 1919
VOIRIN
Paul 1968
La dernière
date est mystérieuse. On trouve aussi deux plaques de marbre consacrées
aux victimes civiles (à gauche) et militaires (à droite)
de la guerre 1939 - 1945.
L'Invent'Hair perd ses poils.

Couiza (Aude), photo de Marc-Gabriel Malfant, juillet 2006
A ne pas
confondre avec le Diminu'tifs de Trèbes paru dans le numéro
397, ni avec le Diminu Tifs de Dieppe (361).
Bon dimanche.
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