Notules dominicales 2009
 
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Notules dominicales de culture domestique n°417 - 4 octobre 2009

DIMANCHE.
Itinéraire patriotique départemental. Le monument aux morts de Damas-et-Bettegney est enregistré.

LUNDI.
Epinal - Châtel-Nomexy (et retour). Sa Majesté des mouches de William Golding en Folio.

Lecture. Boris Vian (Philippe Boggio, première édition Flammarion 1993; nouvelle édition revue et augmentée Flammarion, coll. Grandes biographies, 2009; 432 p., 23 €).
Compte rendu à rédiger pour Histoires littéraires.

MERCREDI.
Epinal - Châtel-Nomexy (et retour). Epées et mort de Fritz Leiber (Bragelonne) à l'aller. Au retour, face à moi, Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina Khadra en Pocket et, plus intéressant, de l'autre côté de la rangée centrale, un homme plongé dans un vieux numéro d'Historia. L'article est intitulé "La méthode suédoise" mais d'après les illustrations que je distingue très mal, il ne s'agit pas de gymnastique, seul domaine dans lequel je connais l'existence d'une méthode suédoise. Internet m'apprend qu'il existe une méthode suédoise de lecture de la Bible, un sujet qui correspond peut-être davantage aux préoccupations éditoriales d'Historia et susceptible d'être illustré par n'importe quelle image.

Lecture. Un crime en Hollande (Georges Simenon, Fayard, 1931, rééd. Rencontre, 1967, in uvres complètes Maigret II; 552 p., s.p.m.).
Huitième aventure de Maigret qui n'a pas deux ans d'existence. En ce temps-là, Simenon en livrait presque un par mois chez Fayard, depuis son bateau L'Ostrogoth. Alors pas de temps à perdre, un décor planté en deux ou trois coups de phrases sans verbe, l'arrivée de Maigret dans un nouveau cadre, l'observation, peu de mouvements, et la solution du crime survient pour ainsi dire d'elle même. Economie de mouvements, on l'a dit, économie de paroles accentuée ici par le fait que Maigret trouve peu d'interlocuteurs parlant sa langue à Delfzijl, "petite ville plantée à l'extrémité nord de la Hollande" dont il va comme il dit "bousculer la porcelaine", économie d'effets. Encore une fois, c'est par sa seule présence que Maigret, inspecteur tellurique, fait surgir la vérité. Après, nul besoin de s'attarder : "C'est tout !... A quelle heure y a-t-il un train pour la France ?..."

JEUDI.
Epinal - Châtel-Nomexy (et retour). La Forêt des mânes (diable !) de Jean-Christophe Grangé chez Albin Michel et Quitter le monde de Douglas Kennedy chez Belfond.

Lecture. Boris Vian, un poète en liberté (Raymond Espinose, Orizons, coll. Profils d'un classique, 2009; 114 p., 11 €).
Compte rendu à rédiger pour Histoires littéraires.

VENDREDI.
Epinal - Châtel-Nomexy (et retour). Ce soir je veillerai sur toi de Mary et Carol Higgins Clark au Livre de poche.

SAMEDI.
Vie (relativement) animée. Depuis que je ne travaille plus le matin, mes samedis sont très calmes. Je m'arrange pour faire les emplettes nécessaires de bonne heure et à neuf heures trente maximum je suis de retour à la bergerie, bien décidé à n'en plus bouger. Quand j'aurai récupéré mon vélo, ça ira encore plus vite. Seuls mouvements autorisés : aller chercher les filles parties galoper à Hadol, acheter des frites au kebab d'en face pour le repas ou monter à la Colombière quand il y a football au menu. Sinon, pas bouger, trop de monde qui croise le samedi, pas envie de louvoyer. Aujourd'hui, je vis mon premier samedi animé. Je descends à la Poste pour participer à la consultation nationale sur le projet gouvernemental de privatisation larvée, monte ensuite au Centre des congrès où se tient l'annuel forum des associations culturelles. Je souhaite en effet faire connaissance avec les représentants de l'association Housseras Döblin à laquelle j'ai adhéré il y a quelques jours. Il est midi, l'heure du vin d'honneur apparemment. Les édiles et les fleurons de la culture locale, il faut voir ça, papotent autour du buffet. Sur le stand Housseras Döblin, à l'écart des ronds de jambes, les deux responsables boivent du vin rouge et mangent du camembert, ce qui me les rend d'emblée sympathiques. L'un d'eux, je l'apprendrai au fil de notre conversation, est un féru de Fallet, un habitué de Jaligny, ce qui nous amène assez loin d'Alexanderplatz. Je m'en retourne rassuré, j'ai frappé à la bonne porte. Après la sieste, visite à la clinique, je pensais pourtant en avoir fini avec cet endroit depuis l'opération de Lucie.

IPAD. 15 janvier 2006. 91 km. (5532 km).


103 habitants

Pas de monument aux morts visible.

L'Invent'Hair perd ses poils.


Marcy-l'Etoile (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, juillet 2006

Le même nom, mais sans apostrophe, apparaissait dans le n° 409 au fronton d'un salon de Thiron-Gardais.

Bon dimanche.

 

Notules dominicales de culture domestique n°418 - 11 octobre 2009

DIMANCHE.
Football (en vrai). SA Epinal - UST Lunéville 3 - 0.

Football (en boîte). Je navigue entre Olympique de Marseille - AS Monaco sur une chaîne et FC Séville - Real Madrid sur une autre. Ce qui me permet d'apprécier d'un côté les une-deux de Nenê et Lolo (Monaco) et de l'autre les redoublements de passes de Pepe et Kaka (Real). J'aurais encore des enfants en bas âge, je les initierais à la lecture par la méthode syllabique en regardant des matches de foot. Et en lisant un petit peu Georges Didi-Huberman.

LUNDI.
Lecture. Les Magiciennes (Pierre Boileau & Thomas Narcejac, Denoël, 1957 pour la première édition; rééd. in "Quarante ans de suspense" vol. 1, Robert Laffont, coll. Bouquins, édition établie par Francis Lacassin, 1988; 1340 p., 120 F).
Le duo fait ici une incursion réussie dans le monde du cirque et du music-hall avec l'histoire d'un jeune homme un peu perdu, devenu prestidigitateur presque malgré lui et amoureux passionné de deux jumelles appartenant à sa troupe. Boileau et Narcejac sont des adeptes de la lenteur, et leur récit n'atteint une dimension policière que dans les dernières pages, presque fortuitement, comme s'ils se rappelaient soudain que cet aspect figurait dans le contrat qu'ils ont signé. Le lecteur n'y trouve pas à redire s'il accepte cette plongée dans un milieu où l'artifice règne en maître, dans les numéros présentés comme dans la psychologie des personnages. Quelques roulottes cahotantes, des costumes rapiécés, des cachets hypothétiques, des cabarets miteux, de tout cela ressort une tristesse infinie, couleur de ce roman qui offre de belles descriptions de numéros basés sur la ressemblance des jumelles.

MARDI.
Lecture. Entrez donc, je vous attendais (François Caradec, Mille et une nuits n° 553; 160 p., 4 €).
"Contes et devis"
Le titre choisi, la forme courte des histoires présentées, leur côté disparate et la proximité de la mort de François Caradec (le 13 novembre 2008) pourraient laisser croire qu'on a raclé les fonds de tiroir de l'écrivain pour ce recueil posthume. Il n'en est rien. Entrez dons, je vous attendais est un ensemble construit, voulu, donné à Fayard en même temps que Le Doigt coupé de la rue du Bison, dernier titre de Caradec paru un mois avant sa disparition. On y devine toutefois le désir de ne pas prendre congé sans avoir une dernière fois rendu hommage à toutes les figures qui l'ont accompagné dans une existence passée au service de la littérature. Sont ainsi rassemblés Alphonse Allais, Raymond Roussel, Alfred Jarry, le Pétomane, dont Caradec fut le biographe, Artaud, Michaux et Max Jacob qu'il fréquenta, Ducasse, Villiers de l'Isle-Adam et Jules Verne qu'il admira. Tous, et bien d'autres, héros ou silhouettes de contes express, de brefs dialogues, de fantaisies où l'absurde a le beau rôle. L'humour est assez inégal, certaines franches réussites (la meilleure parodie du Petit chaperon rouge jamais écrite) côtoient des textes un peu moins brillants ou trop faciles mais cette impression mitigée est avant tout due à une absence, celle de la voix de Caradec. On imagine ce que ces histoires auraient donné, lues par lui au micro des Papous de France Culture, des Papous qui, soit dit en passant, sont devenus bien fades depuis que Bertrand Jérôme, Caradec et d'autres sont partis. Souvenir ici de Caradec au colloque des Invalides, appelé à la tribune pour une intervention qu'il n'avait manifestement pas préparée, s'exclamant de son organe de stentor : "Je suis aphone !" A noter que Caradec ne succombe pas à la tentation d'aligner les noms pour faire riche. Certaines figures sont à deviner par des citations, des allusions, des anecdotes qui laissent au lecteur le soin de chercher la référence. Comme dans ce texte, "Un beau mariage", sur lequel semble planer l'ombre d'André Frédérique :

"Pour un beau mariage, c'est un beau mariage.
Les parents de la jeune femme sont aux anges.
Beaucoup de militaires (le marié fait son service).
Danses.
Les jeunes mariés, enlacés, sortent discrètement.
On sourit.
On s'étonne tout de même de leur absence. On les cherche.
Coucou ? Où sont-ils donc allés se cacher ?
Dans le petit bois ? Ouh, ouh !
Ah, les voilà !
Ils sont bien dans le petit bois. Ils se sont pendus."

VENDREDI.
Courriel. Une demande de réabonnement aux notules.

SAMEDI.
Vacances (concentré de). Avec Caroline, aller-retour express jusqu'à Saint-Frion (Creuse), histoire de récupérer les vélos laissés là-bas en août dernier à cause d'un système d'attache défectueux. Départ peu après huit heures, retour peu avant minuit, la preuve est faite qu'on peut se payer une résidence secondaire en Creuse, y aller et en revenir dans la journée. A condition que le séjour ne dépasse pas la demi-heure.

IPAD. 5 février 2006. 147 km. (5679 km).


104 habitants

Pas de monument aux morts visible.

L'Invent'Hair perd ses poils.


Lyon (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, juillet 2006

Deuxième occurrence (avec orthographe strictement semblable car il existe beaucoup de variantes) après le salon de Saint-Ambroix (n° 401).

Bon dimanche.

 

Notules dominicales de culture domestique n°419 - 18 octobre 2009

DIMANCHE.
Lecture. Les Clefs (Germaine Beaumont, première édition Plon, 1940, rééd. in "Des maisons, des mystères", Omnibus, 2006; 834 p., 25 €).
Publié un an avant La Harpe irlandaise qui le précède dans le recueil, ce roman en annonce les traits principaux qui semblent être la marque de fabrique de Geneviève Beaumont : une vaste demeure, lourde de secrets, accueille un personnage lourd de secrets dont l'histoire, lourde de secrets, est dévoilée petit à petit dans un style suranné. Ce qui agaçait et faisait sourire dans La Harpe se révèle beaucoup plus intéressant ici, peut-être parce qu'on finit par accepter les façons de faire de l'auteur, sa lenteur, son affectation, peut-être parce que l'atmosphère (lourde de secrets) y est plus intrigante, moins convenue. Frédérique Marshall, une jeune veuve achète une maison, ancienne propriété de la famille Clauvel, dans une petite ville normande. Refusant de se lier, de se montrer même, la veuve intrigue et met les Clauvel au supplice, qui n'auront de cesse de connaître les raisons de son attitude et de son installation dans le pays. La peinture de la famille Clauvel, représentative des hobereaux de province qui vivent chichement des restes d'une splendeur déchue, est d'une férocité incroyable. On sent, ce qui est assez rare, une véritable haine de l'auteur pour ses personnages, un mélange de Thénardier et de bourgeois zoliens échappés de Pot-Bouille. On imagine très bien cette histoire filmée en noir et blanc par un cinéaste cynique ou pessimiste (Autant-Lara ou Duvivier) avec Danielle Darrieux dans le rôle principal, face à Ginette Leclerc et Héléna Manson. Finalement, Germaine Beaumont, en dépit ou grâce à son style (le même que Joyce dans l'épisode "Nausicaa" d'Ulysse mais sans volonté parodique), se révèle plus intéressante que je ne l'avais cru au premier abord.

LUNDI.
Courrier musical. Arrivée d'un CD de Crazy Otto, le meilleur joueur de piano bastringue de cette galaxie, roi du medley avec, dans un autre genre, son compatriote Klaus Wunderlich. J'étais loin de me douter qu'il existait des enregistrements de Crazy Otto sur CD, lui dont je ne possédais qu'un 45-tours antique, intitulé "Piano-massacre". De fait, je me suis toujours demandé si, à part Jean-Christophe Averty, quelqu'un connaissait l'existence de Crazy Otto, voire si Crazy Otto existait.

MARDI.
Lecture. Education européenne (Romain Gary, deuxième version française augmentée Gallimard, 1961, rééd. in "Romain Gary - Emile Ajar, Légendes du je", Gallimard, coll. Quarto, édition établie et présentée par Mireille Sacotte; 1428 p., 29,90 €).
En ce temps-là, Ajar est encore loin mais il y a déjà de quoi se perdre. En ce temps-là, c'est 1942-43, Roman Kacew est devenu le sous-lieutenant Gari de Kacew et il écrit entre deux missions des Forces aériennes françaises libres où il a été affecté dans le groupe Lorraine. Son roman paraîtra d'abord en Angleterre sous le titre Forest of Anger en 1944, sera traduit en France chez Calmann-Lévy en 1945, connaîtra une troisième version en 1960 à New York (A European Education) avant de prendre sa forme définitive au Club des libraires de France puis chez Gallimard en 1961, forme reprise ici en Quarto. Engagé dans les combats de la France libre, Gary transpose son expérience en Pologne, raconte l'histoire d'un groupe de résistants cachés dans la forêt. C'est le livre d'un homme de vingt-huit ans qui sait que sa vie peut s'interrompre du jour au lendemain. Il n'a pas de temps à perdre, il incorpore à son récit classique (un personnage central, des figures auxiliaires, un cadre historique et géographique hostile, une histoire d'amour, des actions de commando) des nouvelles peut-être écrites auparavant et destinées à un autre usage. Surtout, il lui faut élargir son texte, lui donner une dimension historique, philosophique, théoriser ("Le patriotisme c'est l'amour des siens, le nationalisme c'est la haine des autres", formule appelée à devenir célèbre) autant que témoigner. Au fil des différentes moutures, Gary a ressemelé son roman pour lui donner plus d'homogénéité, pour passer du statut de témoin actif à celui d'écrivain. Pour ce dernier rôle, on en est encore à la période de gestation mais la voie est tracée.

MERCREDI.
Lecture. Le Signe des quatre (The Sign of Four, Arthur Conan Doyle, Lippincott's Monthly Magazine, février 1890 pour la première édition, in Les Aventures de Sherlock Holmes vol. 1, nouvelle traduction d'Eric Wittersheim, édition bilingue, Omnibus 2005; 1120 p., 23,50 €).
Deuxième apparition de Sherlock Holmes où l'on retrouve à peu près la structure d'Une étude en rouge : le docteur Watson suit pas à pas le détective qui trouve la solution d'une énigme policière en fouillant dans les antécédents d'un de ses protagonistes. Cette plongée dans le passé donne lieu, ici aussi, à un long récit encadré exotique : l'Inde et ses luttes pour l'indépendance ont remplacé l'épopée des Mormons d'Amérique mais l'histoire est beaucoup plus embrouillée et nettement moins captivante que celle qui était insérée dans Une étude en rouge. L'art déductif de Holmes commence à faire ses preuves mais il n'a pas encore l'importance que Conan Doyle lui donnera dans les nouvelles qui vont suivre ces deux romans. Ici encore, Holmes agit comme un détective traditionnel, c'est un personnage mobile (on oublie fréquemment que c'est un jeune homme) qui se lance à la poursuite des malfaiteurs. Petit à petit cependant, le mythe se met en place : la première scène du livre montre un Sherlock combattant l'inactivité qui lui pèse à l'aide de la cocaïne, l'action démarre par l'arrivée d'un visiteur conduit par la logeuse, plus loin il empoigne son violon, Watson, lui, a commencé son travail de mémorialiste et a publié "un petit livre, sous ce titre quelque peu extravagant : Une étude en rouge". Mais les choses peuvent changer : à la fin du roman, Watson a trouvé l'amour, s'apprête à quitter le nid et à convoler, ce qui ne risque pas d'arriver à son flatmate : "l'amour est affaire d'émotion, et tout ce qui est émotionnel s'oppose à la raison froide et implacable, que je place au-dessus de tout. Je ne me marierai jamais moi-même, de peur de voir mon jugement biaisé."
Perle de traduction. "Où est la clé, mon ami ? - Au fond du fleuve, dit sèchement Small."

JEUDI.
Lecture. Romain, un regard particulier (Lesley Blanch, première édition Actes Sud, 1998 pour la traduction française, rééd. Editions du Rocher, 2009, 144 p., 16 €).
Compte rendu à rédiger pour Histoires littéraires.

SAMEDI.
IPAD. 19 mars 2006. 104 km (5783 km).


97 habitants

Un petit monument, en pierre blanche, récemment repeint, près de léglise.

A nos morts 1914-1918

PERRIN Jean-Louis Montauville 1914

ADAM Paul Boesinghe 1914

BELLOT Léon St-Eloi 1915

THOUILLOT Fernand Bois-le-Prêtre 1915

HENRY Louis Reninghelst 1918

Guerre 1939-1945

Jean HOFFMANN FFI 1944


L'Invent'Hair perd ses poils.


Lyon (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, juillet 2006

"Changement de tête au salon Raphaël. L'émotion était palpable, samedi, lors du pot organisé par Rolande et Raphaël L. qui, après plus de trente ans de coiffure à Epinal, passe [sic] la main à une jeune pousse, Sara G., originaire de Cornimont. [...] Désormais, le salon, qui prendra le nom d'Expert'tifs, sera ouvert toute la journée etc." (Vosges Matin, 16 octobre 2009). Le genre d'article qui me met en joie. L'appareil photo est prêt.

Bon dimanche.

 

Notules dominicales de culture domestique n°420 - 25 octobre 2009

DIMANCHE.
Informations bocales. Les filles achètent quatre poissons rouges dont les chants et les ris égaient désormais notre logis. Si mes calculs sont exacts, il doit s'agir de Vermillon V, VI, VII et VIII.

Football. US Raon - SA Epinal 2 - 1. L'avantage des matches à l'extérieur, c'est qu'on peut décongeler dans l'auto pendant le trajet du retour.

LUNDI.
Epinal - Châtel-Nomexy (et retour). L'Elégance du hérisson de Muriel Barbery en nrf.

MARDI.
Epinal - Châtel-Nomexy (et retour). Passion basket : mémoires d'un coach d'Alain Weisz (Ramsay), lu par une fille de taille normale, et Désolation de Stephen King en J'ai Lu.

Lecture. Un pied au paradis (One Foot in Eden, Ron Rash, 2002, Le Masque, 2009 pour la traduction française, traduit de l'américain par Isabelle Reinharez; 264 p., 19 €).
Ce premier roman constitue une des plus belles surprises de l'année dans le domaine du polar. Un domaine largement dépassé d'ailleurs dans cette histoire qui se déroule au début des années 1950 dans un coin perdu de la Caroline du Sud bientôt envahi par les eaux pour la construction d'un barrage. Cinq personnages prennent successivement la parole : le shérif Alexander, prévenu par la mère de Holland Winchester que celui-ci a disparu, Billy Holcomb, voisin des Winchester et soupçonné d'avoir tué Holland, Amy Holcomb, épouse du précédent, objet des assauts de séduction de Holland, puis, vingt ans plus tard, le fils Holcomb et l'adjoint du shérif qui viennent conclure. A ce moment-là, le lecteur sait depuis longtemps qui a tué et où le corps a été caché mais la dimension policière de l'affaire est depuis longtemps aussi largement dépassée pour laisser place à une histoire tristement humaine et tragique. Celle de petits fermiers dont le monde va être englouti et qui se raccrochent à ce qui a toujours été leur lot : le travail, la terre, les habitudes, les haines locales, les croyances. Une histoire de déracinement, simple, dépouillée, racontée avec ce qu'il faut de compassion et de générosité.
Extrait. "Billy penserait peut-être que son navire était rentré au port chargé de richesses quand Carolina Power achèterait sa propriété pour quelques dollars de plus à l'hectare qu'il ne l'avait payée, du moins jusqu'à ce qu'il voie le prix d'une ferme telle que la sienne dans une autre partie du comté. Peut-être qu'avec cet argent il partirait à Seneca, à Anderson, où il achèterait une maison avec des toilettes à l'intérieur, l'électricité, et croirait avoir trouvé le paradis. Il travaillerait dans une filature où il toucherait sa paie chaque fin de semaine sans plus avoir à se soucier de la sécheresse, de la grêle, ni du sphinx du tabac.
Il y aurait d'autres changements qu'il n'apprécierait pas autant, des choses qui lui feraient regretter de ne plus être derrière un cheval et une charrue. Il faudrait qu'il demande l'autorisation pour aller boire un verre d'eau, ou pisser un coup. Le travail serait le même jour après jour, semaine après semaine, et l'usine chaude et humide comme par temps de canicule tout au long de l'année. Il respirerait un éternel crachin de peluches qu'il passerait la moitié de ses nuits à expulser en toussant.
Son travail ne lui apporterait aucune satisfaction, mais quand la sirène de la filature le libérerait en fin de journée, il rentrerait auprès d'une femme et d'un enfant. Il y avait des hommes qui lui envieraient au moins cela."

VENDREDI.
Vie merdicale. Au cours d'une consultation ayant pour but de me faire vacciner contre la grippe (version ordinaire), j'apprends que je souffre (modérément) d'un hygroma du coude. Ignorant le terme, j'appelais ça, dans ma nosographie personnelle, mon "rien foutre elbow".

SAMEDI.
Courrier musical. Arrivée d'un disque de Mary Schneider, "Australia's queen of yodelling", intitulé Yodelling the Classics. Cela rappelle le Murdering the Classics de Spike Jones et c'est, dans un autre genre, aussi iconoclaste. Encore le genre de truc qu'on me priera d'écouter dans ma chambre quand tout le monde sera parti. Et de ne jamais diffuser en présence d'invités, si l'on tient à ce qu'ils finissent la soirée en notre compagnie.

Football. SA Epinal - AFC Compiègne 1 - 1.

IPAD. Une notulienne prévenante m'a averti du danger que courait l'IPAD, au vu d'une actualité récente, de passer sous la coupe d'un héritier plus ou moins diplômé. De l'EPAD à l'IPAD, il n'y a pas loin en effet, et comme il est aussi un peu question de Défense dans ce travail, la menace était réelle et nécessitait une petite entrevue avec mon mandataire de justice préféré. Laquelle a abouti à une légère modification statutaire. Désormais, outre Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental, l'acronyme signifiera également Inaliénable Propriété Artistique de Didion.


16 avril 2005. 32 km. (5815 km).

436 habitants

Un monument massif, avec la sculpture dun soldat touché au cur. La peinture verte qui la recouvre empêche de reconnaître la matière. Curieusement, lil gauche du soldat semble couvert dun pansement.

Biffontaine

A ses grands morts

1914-1919

Gauche :

LALEVEE Emile 1914

ANCEL Léon

LAHEURTE Oscar

LECOQ Aimé

POURCHER Edouard 1915

MATHIEU Irénée

MARCHAL Lucien

HENRY Alphonse

STOUVENEL Célestin

CLAUDE René

CHRISTAL Alphonse

Droite :

JEANDEL Léon 1916

DIDIER Paul

GEORGE Aimé

FLORENCE Emile 1917

ANXIONNAT Paul

CUNIN Emile

VILLAUME Léon

MATHIEU Gaston 1918

JEAN Albert

LEROY Auguste

PIROLLEY Edmond

STOUVENEL Raymond 1919

VOIRIN Paul 1968

La dernière date est mystérieuse. On trouve aussi deux plaques de marbre consacrées aux victimes civiles (à gauche) et militaires (à droite) de la guerre 1939 - 1945.

L'Invent'Hair perd ses poils.


Couiza (Aude), photo de Marc-Gabriel Malfant, juillet 2006

A ne pas confondre avec le Diminu'tifs de Trèbes paru dans le numéro 397, ni avec le Diminu Tifs de Dieppe (361).

Bon dimanche.